Au cœur de la Provence, Arles dévoile son trésor antique : des arènes romaines vieilles de près de 2000 ans. Édifiées vers 80 après J.-C., ces arènes ont survécu aux assauts du temps, accueillant jadis jusqu’à 25 000 spectateurs avides de combats de gladiateurs. Aujourd’hui encore, elles vibrent au rythme des corridas et des spectacles, attirant chaque année plus de 450 000 visiteurs. Mais au-delà de cette impressionnante façade de pierre, c’est toute une ville qui respire l’histoire, entre ruelles médiévales et cafés immortalisés par Van Gogh. Plongeons dans l’univers fascinant d’Arles, où chaque pierre raconte une histoire millénaire.
Les arènes d’Arles : un colosse de pierre aux mille vies
Érigées à la fin du 1er siècle, les arènes d’Arles rivalisaient avec le Colisée de Rome en termes d’ingéniosité architecturale. Leurs 136 mètres de long et 107 mètres de large en faisaient l’un des plus grands amphithéâtres de la Gaule romaine. Les ingénieurs de l’époque avaient conçu un système complexe de galeries et d’escaliers permettant aux spectateurs d’accéder rapidement à leurs places, grâce à des « vomitoires » – ces larges ouvertures qui « vomissaient » littéralement la foule.
Au fil des siècles, les arènes ont connu des destins variés. Transformées en forteresse au Moyen Âge, elles abritèrent jusqu’à 200 maisons et 4 églises dans leur enceinte. Ce n’est qu’au 19ème siècle qu’elles furent débarrassées de ces constructions parasites et restaurées pour retrouver leur splendeur antique. Aujourd’hui, elles accueillent chaque année la Feria d’Arles, l’un des plus grands événements taurins de France, perpétuant ainsi une tradition multiséculaire de spectacles et de rassemblements populaires.
Sur les traces de Van Gogh : quand Arles devient toile
En 1888, un certain Vincent Van Gogh pose ses valises à Arles. Fasciné par la lumière éclatante de Provence, il y peindra plus de 300 toiles en à peine 15 mois. Le « Café de nuit », immortalisé dans l’un de ses tableaux les plus célèbres, existe toujours Place du Forum. Rebaptisé « Café Van Gogh », il attire les touristes du monde entier, désireux de s’imprégner de l’atmosphère qui inspira le maître hollandais.
Mais Van Gogh n’est pas le seul artiste à avoir succombé au charme d’Arles. Pablo Picasso, séduit par les arènes et la tradition taurine, y séjourna également. Aujourd’hui encore, la ville perpétue cet héritage artistique à travers les Rencontres d’Arles, festival international de photographie qui attire chaque été plus de 140 000 visiteurs.
Les secrets du sous-sol arlésien : le cryptoportique, un forum souterrain
Sous les pavés d’Arles se cache un trésor méconnu : le cryptoportique. Cette galerie souterraine en forme de U, longue de 90 mètres, servait de fondation au forum romain. Construit au 1er siècle avant J.-C., cet espace était probablement utilisé comme entrepôt ou lieu de commerce à l’abri des intempéries. Aujourd’hui, on y accède par une entrée discrète située sur la place du Forum. La fraîcheur et le silence qui y règnent contrastent avec l’agitation de la ville en surface, offrant aux visiteurs une plongée saisissante dans les entrailles de l’Arles antique.
« Le cryptoportique est comme une machine à remonter le temps. Ici, on peut littéralement toucher les pierres que les Romains ont taillées il y a plus de 2000 ans », confie Marius Bertrand, guide-conférencier passionné d’histoire locale.
La Camargue aux portes d’Arles : entre taureaux et flamants roses
À quelques kilomètres au sud d’Arles s’étend la Camargue, vaste delta du Rhône où la nature règne en maître. Ce parc naturel régional de 100 000 hectares abrite une faune et une flore uniques en Europe. Les célèbres chevaux blancs et taureaux noirs de Camargue y côtoient plus de 400 espèces d’oiseaux, dont les emblématiques flamants roses. Chaque année, près de 800 000 visiteurs viennent découvrir ce territoire sauvage, entre marais salants, rizières et plages sauvages.
La tradition camarguaise est profondément ancrée dans la culture arlésienne. Les gardians, ces cowboys locaux, perpétuent un savoir-faire ancestral dans l’élevage des taureaux. Lors de la Feria d’Arles, ils défilent fièrement dans les rues de la ville, rappelant le lien indéfectible entre Arles et son arrière-pays sauvage.
Festoyer comme au temps des Romains : le festival Arelate
Chaque été, Arles remonte le temps avec le festival Arelate. Pendant une semaine, la ville se transforme en véritable cité romaine. Gladiateurs, légionnaires et citoyens en toge investissent les rues, offrant aux visiteurs une immersion totale dans l’Antiquité. Plus de 30 000 personnes participent chaque année à cet événement unique en son genre.
Le clou du spectacle ? Les reconstitutions de combats de gladiateurs dans les arènes. Loin des clichés hollywoodiens, ces démonstrations s’appuient sur des recherches historiques pointues pour offrir une vision authentique de ces affrontements antiques. Les spectateurs peuvent également assister à des courses de chars, des défilés militaires et des ateliers d’artisanat romain.
« Le festival Arelate, c’est l’occasion de faire vivre l’histoire. Nous ne sommes pas dans le folklore, mais dans une véritable démarche de médiation culturelle », explique Julien Ménard, organisateur de l’événement.
À table ! Les saveurs de la Provence arlésienne
La gastronomie arlésienne est un savoureux mélange d’influences provençales et camarguaises. La gardianne de taureau, ragoût à base de viande de taureau de Camargue, est le plat emblématique de la région. On la déguste traditionnellement accompagnée de riz de Camargue, cultivé localement depuis le Moyen Âge. Les amateurs de poisson ne sont pas en reste avec la bourride, soupe de poisson parfumée au safran et à l’ail.
Pour une expérience culinaire authentique, direction le marché d’Arles. Chaque samedi matin, plus de 450 exposants s’installent sur le boulevard des Lices. C’est l’occasion de goûter aux spécialités locales : olives picholines, huile d’olive de la vallée des Baux, fromages de chèvre des Alpilles… Sans oublier la fougasse d’Arles, brioche parfumée à la fleur d’oranger, dont la recette remonte au 16ème siècle.
Dormir dans l’histoire : des hébergements hors du commun
Arles offre des options d’hébergement pour tous les goûts et tous les budgets. Pour une expérience vraiment unique, optez pour l’hôtel Jules César. Cet ancien couvent du 17ème siècle, transformé en hôtel de luxe, a été redécoré par Christian Lacroix, enfant du pays. Chaque chambre est une œuvre d’art, mêlant références à l’Antiquité et design contemporain.
Pour ceux qui préfèrent l’authenticité, les maisons d’hôtes du centre historique offrent un charme fou. La Maison de Thaïs, située dans une demeure du 16ème siècle, propose des chambres avec vue sur les arènes. Son petit-déjeuner, servi dans un patio ombragé, est réputé pour ses confitures maison et ses viennoiseries fraîches du boulanger voisin.
Les trésors cachés d’Arles : hors des sentiers battus
Au-delà des incontournables, Arles recèle de petits trésors méconnus. Le musée Réattu, installé dans l’ancien Grand Prieuré de l’Ordre de Malte, abrite une collection surprenante d’art contemporain. On y trouve notamment 57 dessins de Picasso, offerts par l’artiste à la ville en 1971. Le jardin d’été, véritable oasis de verdure en plein centre-ville, est le lieu idéal pour une pause fraîcheur. Ses platanes centenaires ont vu défiler des générations d’Arlésiens.
Pour une vue imprenable sur la ville, grimpez au sommet de la tour des Mourgues. Cette ancienne tour de guet médiévale offre un panorama à 360° sur Arles et la Camargue. L’accès est gratuit et la vue vaut largement les 104 marches à gravir !
Arles, terre de cinéma : des décors naturels prisés des réalisateurs
Les paysages variés d’Arles et de ses environs attirent depuis longtemps les cinéastes. En 1960, Jean-Luc Godard y tourne « Le Mépris » avec Brigitte Bardot. Plus récemment, Ridley Scott a choisi les arènes comme décor pour son film « Gladiator ». Chaque année, le festival Peplum projette des films historiques dans le cadre magique du théâtre antique, perpétuant ainsi le lien entre Arles et le 7ème art.
La ville a même son propre festival de cinéma, « Phare », dédié aux premiers films. C’est l’occasion pour les jeunes réalisateurs de présenter leurs œuvres dans des lieux emblématiques de la ville, comme les Rencontres d’Arles l’ont fait pour la photographie.
Sport et tradition : quand les arènes vibrent au rythme des corridas
Si les corridas divisent l’opinion, elles restent un élément central de la culture arlésienne. Chaque année, la Feria de Pâques et la Feria du Riz attirent des milliers d’aficionados dans les arènes. Ces événements sont l’occasion de découvrir l’évolution des pratiques taurines, entre tradition séculaire et adaptation aux sensibilités modernes.
Pour ceux qui préfèrent un spectacle moins controversé, les courses camarguaises offrent une alternative intéressante. Dans cette forme de tauromachie locale, le but n’est pas de tuer le taureau, mais de lui enlever une cocarde placée entre ses cornes. C’est un sport qui demande agilité et courage, très apprécié des Arlésiens.
Arles, une ville à vivre toute l’année ?
Avec son patrimoine exceptionnel, sa vie culturelle bouillonnante et sa douceur de vivre provençale, Arles séduit de plus en plus de visiteurs qui décident d’y poser leurs valises. La ville connaît un renouveau depuis quelques années, porté par des projets culturels ambitieux comme la tour Luma, centre d’art contemporain conçu par l’architecte Frank Gehry.
Arles offre un équilibre rare entre richesse historique et dynamisme contemporain. Ici, on peut déguster une tarte aux fraises sur une terrasse face aux arènes le matin, assister à une expo photo d’avant-garde l’après-midi, et finir la journée par un concert de jazz dans un club branché. Une ville où l’histoire millénaire côtoie la création la plus actuelle, offrant à ses visiteurs une expérience unique en son genre.
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