Ce lac à 780 mètres d’altitude où 6 villages engloutis dorment sous les eaux

Le lac de Serre-Ponçon déploie sa silhouette turquoise au cœur des Hautes-Alpes comme une mer intérieure qui n’aurait jamais dû exister. Créé entre 1955 et 1961 par la construction d’un barrage monumental, ce géant artificiel cache sous ses eaux cristallines l’histoire engloutie de villages entiers. Mais que recèlent vraiment ces profondeurs que même le commandant Cousteau a explorées avec fascination ?

Un colosse né de la main de l’homme

Avec ses 2800 hectares de superficie et ses 1,27 milliard de mètres cubes d’eau, Serre-Ponçon s’impose comme la plus grande retenue artificielle de France. Le barrage qui le maintient, véritable prouesse technique, s’élève à 123 mètres de hauteur et s’étend sur 650 mètres à sa base, inspiré directement des techniques américaines d’après-guerre.

Ce qui rend ce lieu fascinant, c’est qu’il est né d’une double nécessité : dompter la Durance aux crues dévastatrices et produire de l’électricité pour une France en pleine reconstruction. Pour créer ce lac, il a fallu sacrifier plusieurs villages, dont Savines, entièrement englouti puis reconstruit plus haut sous le nom de Savines-le-Lac.

À 780 mètres d’altitude, le lac occupe aujourd’hui le confluent de l’Ubaye et de la Durance, formant un paysage alpin unique où les 20 kilomètres de longueur d’eau reflètent plus de 60 ans d’histoire et de transformations territoriales.

Mystères et légendes des profondeurs

En 1971, le commandant Cousteau lui-même explore les profondeurs du lac avec sa soucoupe Calypso. De cette visite naîtra l’une des légendes les plus tenaces du lieu : celle du « monstre du lac », alimentée par des propos énigmatiques que l’explorateur aurait tenus sur les mystères sous-marins de Serre-Ponçon.

Sous les eaux paisibles sommeillent les vestiges de plusieurs villages, des églises, des maisons et des routes désormais accessibles uniquement aux plongeurs expérimentés. Ces ruines immergées confèrent au lac une dimension presque mystique, comparable à certains lacs du Jura où des îles cachent mille ans d’histoire.

Plus surprenant encore, le barrage dissimule dans la roche une véritable cathédrale souterraine : trois immenses salles voûtées abritant la centrale hydroélectrique, dont l’une dépasse les 100 mètres de longueur.

Une destination aux multiples visages

Un écrin de nature entre deux départements

Le lac chevauche les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, offrant 80 kilomètres de rivages alternant criques sauvages et plages aménagées. Les microclimats particuliers qui s’y développent créent des conditions idéales pour observer une biodiversité étonnante.

En été, les eaux turquoise attirent plus d’un million de nuitées touristiques, générant 210 millions d’euros de chiffre d’affaires pour l’économie locale. L’offre d’hébergement totalise 67 000 lits, des campings aux résidences de charme.

Un terrain de jeu grandeur nature

Voile, kayak, paddle, baignade… Les activités nautiques règnent en maîtres durant la belle saison. La Baie de l’Eau d’Heure, près de Pontis, offre l’un des spots les plus préservés, idéal pour les levers de soleil.

Les randonneurs ne sont pas en reste avec le Sentier des Gorges du Guil, où vous pouvez admirer des phénomènes géologiques étonnants, rappelant ces lacs d’altitude où l’eau disparaît mystérieusement avant de resurgir.

Questions fréquentes sur le lac de Serre-Ponçon

Quelle est la meilleure période pour visiter le lac ?

De juin à septembre pour profiter pleinement des activités nautiques, avec une eau à température agréable. Septembre offre moins d’affluence tout en conservant un climat doux. L’automne propose des paysages flamboyants mais des températures plus fraîches.

Peut-on visiter l’intérieur du barrage ?

Oui, des visites guidées sont organisées par EDF pour découvrir les impressionnantes salles souterraines de la centrale hydroélectrique. Réservation recommandée en haute saison.

Le lac est-il vraiment habité par un monstre ?

La légende du « monstre de Serre-Ponçon » reste vivace depuis la plongée de Cousteau en 1971. Si aucune preuve scientifique n’existe, ce folklore local ajoute au mystère et au charme du lieu.

Isaiah Graves

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